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Musil - Oeuvres pré-posthumes / De la bêtise

 

 

  

 

Musil, quand l'homme de sciences fictionne...

 

"As-tu lu Musil?" Et c'est plus chic encore en allemand : "Comment, vous ne connaissez pas Der  Mann ohne Eigenschaften. On y atteint de ces altitudes, savez-vous!"

 Oui, mais voilà c'est une ascension pas très aisée. Musil l'a d'ailleurs laissé inachevé.  Et pourtant, c'est vrai, Musil, ça vole très haut. Un entomologiste ironique qui regarde l'homme se désengluer tout seul de sa triste condition. Un ingénieur déprimé qui se fait le chantre de l'apocalypse joyeuse. Prenez la route avec le géographe le plus au fait de la Cacanie.

Et pour faire la route avec lui , pour vous donner envie grimper sur le roc de l'Homme sans qualités, voici deux voies pour se frayer un chemin dans l'oeuvre du plus scientifique et précis des romanciers.

Le premier a paru pour en 1936, sous le titre Nachlass zu lebzeiten, titre d’une ironie toute musilienne qui devrait se traduire exactement : « œuvres posthumes (publiées) du vivant de l’auteur ».

Musil s’en explique dans l’avant-propos : connaissant la médiocrité de la plupart des publications posthumes, il a jugé que le meilleur moyen d'y échapper était de s’en charger lui-même avant qu’il ne fût trop tard… Les textes, généralement brefs, réunis dans ce recueil ont presque tous été écrits et publiés (dans des journaux ou des revues) entre 1920 et 1929 ; quelques-uns sont plus anciens encore.

Qu’il observe des pêcheurs au bord de la Baltique, des moutons, des sarcophages en Italie ou une souris dans les Alpes, Musil, par l’acuité du regard et la tension du style, est tout de suite et toujours au niveau le plus haut. Les satires, qui forment à peu près le deuxième tiers de son livre, suivent le même chemin subtil pour atteindre, par le détour de l’apparemment insignifiant, l’essentiel. Comme "Le papier tue-mouches" qui ouvre le livre, une lecture que je n'ai jamais oubliée.

Quant au « merle » qui clôt le recueil c’est à la fois le plus discret, le plus pur, le plus émouvant des récits et une confidence précieuse pour qui cherche à mieux comprendre le père de la Cacanie.

Issu d’une vieille famille de fonctionnaires, d’ingénieurs et d’officier, Robert Musil est né le 6 novembre 1880, à Klagenfurt en Autriche. Destiné à la carrière des armes, il l’abandonne pour des études d’ingénieur. Puis, nanti de son diplôme, il part étudier la philosophie et la psychologie à Berlin. En 1906, il publie son premier roman, Les Désarrois de l’élève Törless, remarquable et remarqué.

Il décide alors de se consacrer entièrement à la littérature. Il publie deux recueils de nouvelles, deux pièces de théâtre, mal accueillies, puis attaque L'Homme sans qualités. En 1933, il quitte Berlin pour Vienne. En 1938, il s’exile en Suisse, à Zurich puis à Genève où il meurt subitement en 1942, pauvre, oublié et sans avoir pu achever son livre.  Il laissé également un important Journal, des Aphorismes, Discours et Essais.

 

De la Bêtise est extraite des Essais. Prononcée en 1937 à Vienne, cette conférence montre un Musil qui n'a plus guère le coeur à rire. Il dissèque une fois encore notre inhumaine condition indissolublement liée à la bêtise. « Si la bêtise ne ressemblait pas à s'y méprendre au progrès, au talent, à l'espoir ou au perfectionnement, personne ne voudrait être bête.»

 

Tout Musil est superbement traduit en français par Philippe Jaccottet, qui fait oeuvre de traducteur comme il fait oeuvre de poète, et ce n'est pas peu dire. Elle est justement  considérée à l'égal, pour le XXème siècle, de celles de Joyce ou de Proust.  

 

La bêtise vue par Musil et Flaubert sur France-Culture

 

LIENS REMIS Á JOUR 29.09.2012  

 

Oeuvres pré-posthumes :  c'est ici   De la Bêtise : c'est là




16/05/2012
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